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Féru de littérature française et étrangère, ma plume sévit dans diverses colonnes de journaux, de sites internet pour partager ce goût qui m´anime. Que détracteurs ou admirateurs n´hésitent pas à réagir à mes chroniques.

samedi 29 avril 2017

Chronique de mai 2017.



Erich Maria Remarque, la terre de l´exil.


 
Une des principales cibles des régimes totalitaires est, on le sait, l´écrivain. Celui qui pense, qui réfléchit, qui intervient publiquement et qui ne se prive pas le plus souvent de déranger le pouvoir, à travers l´opportunité et l´intelligence de ses écrits, ne peut qu´ulcérer ceux qui veulent prendre le peuple en otage de leurs lubies.
Le nazisme fut, avant les camps de la mort et la solution finale, le fossoyeur de l´intelligentsia allemande. Nombre d´écrivains de renom ont dû abandonner leur pays pour échapper à l´emprisonnement voire à une mort certaine. On pourrait citer par cœur nombre de ces écrivains-là. Parmi eux, on ne peut sûrement pas oublier celui d´Erich Maria Remarque.
Né le 22 juin 1898 à Osnabrück, petite ville de Basse-Saxe, son nom de baptême était Erich Paul Remark. Sa famille, installée dans les régions rhénanes depuis le dix-huitième siècle, avait de lointaines origines françaises. C´est un aïeul au début du dix-neuvième siècle qui a jugé patriotique de germaniser son patronyme, mais, comme nous le rappelle le traducteur Bernard Lortholary*, les nazis y verraient plutôt l´anagramme de Kramer ou Krämer(boutiquier) et une preuve irréfutable que cet écrivain, qui plus est pacifiste - hideux selon l´esprit pervers des suiveurs d´Hitler-était juif.
Il était donc né Remark et prénommé Erich Paul, mais à la veille de son trentième anniversaire il a non seulement francisé son patronyme, mais il a également changé en Maria son second prénom probablement par admiration pour le poète Rainer Maria Rilke.
Son premier grand succès et par bien des côtés peut-être son roman le plus connu ou à tout le moins le plus emblématique est À l´ouest rien de nouveau(en allemand Im Westen nichts Neues), un roman sur la Grande Guerre-à laquelle il avait d´ailleurs participé à l´âge de dix-huit ans- qui curieusement fut d´abord refusé par le grand éditeur S. Fischer sous prétexte que le sujet n´était plus d´actualité une dizaine d´années après l´armistice et alors que les livres sur le conflit étaient déjà assez nombreux.  Néanmoins, un autre éditeur, Ullstein, a flairé dans ce roman la possibilité d´un succès commercial. Or, il n´avait pas tort. Publié en 1929, À l´ouest rien de nouveau a rencontré un succès fulgurant à telle enseigne qu´il est devenu un classique et fut porté à l´écran aux États-Unis par Lewis Milestone avec scénario de George Abbott. 
Erich Maria Remarque a souvent regretté que ce roman qui lui a permis une certaine aisance matérielle ait parfois éclipsé son œuvre ultérieure. Ses admirateurs étaient quand même légion et d´autres titres ont connu aussi une large audience comme Après(1931), Les camarades(1938), Un temps pour vivre et un temps pour mourir(1955), L´obélisque noir(1958) ou La nuit de Lisbonne (1962).   
 Ne s´étant jamais gardé d´afficher au grand jour son pacifisme apolitique, Erich Maria Remarque s´est vu attiré les foudres non seulement de la droite nationaliste et militariste, mais aussi d´une certaine gauche qui déplorait que ce pacifisme-là ne fût pas empreint d´une dénonciation du capitalisme.
Victime de menaces et de la haine qui sévissait en Allemagne après la montée du nazisme, il s´set vu contraint à l´exil, d´abord en Suisse, puis aux États-Unis après qu´il fut déchu de la nationalité allemande.
Lorsqu´il est décédé à Locarno, en Suisse, le 25 septembre 1970, Erich Maria Remarque   travaillait à un roman dont la publication fut autorisée l´année suivante par sa veuve Paulette Goddard. La version publiée en 1971, Schatten im Paradies (Ombres dans la traduction française de 1972), n´était ni la dernière, ni la plus aboutie. Ce n´est que quasiment trois décennies plus tard que l´ultime version de ce roman posthume et inachevé (il lui manquerait peu de pages), intitulé Das gelobte Land, a pu voir le jour. La traduction française-Cette terre promise- vient enfin de paraître aux éditions Stock dans sa brillante collection La cosmopolite avec une traduction et une postface de Bernard Lortholary.
Ce brillant roman-un de plus- raconte une nouvelle histoire d´un exil-thème récurrent dans les romans de Remarque-, cette fois-ci celui d´un jeune Allemand, pourchassé par les nazis, emprisonné et interné dans des camps en Allemagne et en France, et qui parvient, enfin, après moult péripéties et dangers à rejoindre les États-Unis. Il arrive dans le nouveau monde avec un faux passeport au nom de Ludwig Sommer, antiquaire, juif qui plus est, ce qui était susceptible de lui causer bien des déboires.  Il l´avait hérité d´un ami qui était mort à Bordeaux deux ans auparavant (l´intrigue du roman s´amorce en 1944). Bauer, un ancien professeur de mathématiques devenu faussaire à Marseille, lui avait conseillé de ne pas modifier le passeport pour le mettre à son nom puisque de la sorte il risquerait davantage.
Ludwig Sommer donc arrive aux États-Unis, mais il est d´abord parqué dans Ellis Island, une espèce de no man´s land ou plutôt de purgatoire, une île au large de Manhattan où les immigrants doivent patienter qu´on leur donne un visa d´entrée à cette terre promise, le paradis dès que le visa leur est remis ou, en l´absence de cette aubaine, l´enfer.  En quittant finalement Ellis Island, plongé dans ses pensées, il déambule dans la ville et pour la première fois depuis des années de désespoir et de persécutions, l´espoir semble pointer à l´horizon, malgré les doutes qui l´assaillaient encore : «Je marchais très lentement dans la ville en effervescence ; je la voyais sans la voir. J´avais été uniquement préoccupé par la survie primitive pendant de si longues années que c´était dans cette ignorance de toute vie autre qu´avait résidé en même temps ma protection. Cela avait été une pulsion de survie ignorant tout le reste, comme juste avant la panique que déclenche un naufrage, avec aucun autre but que : ne pas mourir. Mais à présent, dans ce moment étrange, je sentais que la vie pouvait commencer à se déployer de nouveau en éventail devant moi, qu´elle aurait à nouveau un avenir, si limité qu´il puisse être, et qu´avec l´avenir pourrait aussi se relever le passé, avec l´odeur du sang et des tombes. J´éprouvais vaguement que ce passé pourrait aisément m´abattre d´un coup, mais je ne voulais pas le savoir, pas à ce moment plein de vitrines miroitantes et de l´odeur fauve de la liberté(…) Tout n´était-il pas desséché et mort, est-ce qu´avoir survécu pouvait se muer en continuer de vivre, et en une vie ? Cela existait-il, de commencer une nouvelle fois, depuis le début  pour être interprété, comme la langue que j´avais devant moi, inconnue et pleine de possibilités ? Cela existait-il, sans que cela devienne trahison et double meurtre des morts qui ne voulaient pas être oubliés ?».
Avant les retrouvailles avec Hirsch, un vieil ami, il descend à l´hôtel Rausch où il fait la connaissance du gérant Vladimir Meukoff qui joue aux échecs et qui est le symbole de ce que fut le basculement des frontières en Europe, le reliquat de nombreuses révolutions, d´après lui-même, puisqu´il fut successivement tchèque, russe, polonais et autrichien, selon qui occupait la petite localité d´où sa mère était originaire, avant de devenir allemand pendant l´occupation et finalement américain. Cet hôtel est le point de départ de la découverte d´une foule de personnages hauts en couleur qui peuplent la confrérie des exilés mais aussi parfois la cocasse société américaine : une comtesse russe, un irlandais qui vide le frigidaire, Maria Fiola, un mannequin italo-russe pour qui son cœur commence à battre et, à la fin du roman,  un curieux Siegfried Lenz, peintre et pianiste, homonyme d´un réputé écrivain allemand de l´après-guerre.      
Ludwig s´accommode au fur et à mesure de sa nouvelle vie américaine. Il s´interroge s´il doit rentrer plus tard en Europe quand la guerre sera finie ou s´il doit rester aux États-Unis où il garde toujours l´impression d´être en marge de l´intégration et d´être vu comme un intrus à peine toléré. Il travaille pour des antiquaires et des marchands d´art –au bout du compte la profession du vrai Ludwig en Europe- dont Alexander Silver et Reginald Black qui vend des Degas et des Cézanne à un richissime marchand d´armes et se rend ainsi compte du cynisme du monde de l´art, mais après tout il faut continuer de vivre, d´ordinaire grâce à l´espoir, mais aussi parfois grâce au souvenir, même si c´est le  souvenir douloureux de la guerre. Selon Ludwig, en réponse à un autre personnage, Ravic, la guerre existe parce que le souvenir est un falsificateur romantique avant d´ajouter : «Un filtre qui laisse passer l´horreur et l´oublie, pour ne garder que l´aventure. Dans le souvenir, tout le monde est un héros. Sur la guerre, seuls les morts auraient leur mot à dire ; ils l´ont faite en entier. Mais ils sont réduits au silence». Ravic lui répond en secouant la tête: «On ne ressent pas les souffrances d´autrui. Ni sa mort. Au bout de peu de temps, on sait seulement qu´on s´en est tiré. C´est notre sacrée peau qui nous isole et fait de nous des îlots d´égoïsme. Vous avez vécu ça dans les camps ; la douleur éprouvée à la mort d´autrui n´empêchait pas d´avaler le morceau de pain qu´on avait récupéré».
Ce roman est resté inachevé, on ignore donc le dénouement que l´auteur lui aurait réservé à Ludwig Sommer et aux autres personnages. Dans sa belle postface, Bernard Lortholary, le traducteur nous donne son avis : «On peut soupçonner que le dénouement le plus pessimiste et tragique aurait eu la préférence de l´auteur. Mais peut-être cet inachèvement qui laisse le lecteur dans la même incertitude que le héros, donne-t-il à ce grand roman du XXe siècle, et à tous les récits et tableaux qu´on y trouve, la fin la plus significative quant au tournant historique que fut 1945 et aux incertitudes qui régnaient alors. Elles ne sont pas si différentes des nôtres».  
Quoi qu´il en soit, ce livre nous a procuré un prodigieux moment de bonheur. C´est  rare de lire aujourd´hui un livre aussi beau et riche sur l´exil, la condition humaine et les  souvenirs de la guerre ou la façon dont la guerre conditionne la vie d´autrui. Il y a la guerre de ceux qui l´ont vécue et y sont morts mais il y aussi la guerre des survivants dont les plaies sont un interminable tourment. Et à la fin, il y a quand même les fictions qui nous font réfléchir sur la guerre et l´exil, comme Cette terre promise, magnifique roman d´un grand écrivain du vingtième siècle. 

*Dans la postface de ce roman.


Erich Maria Remarque, Cette terre promise, traduction de Bernard Lortholary, collection La cosmopolite, éditions Stock, Paris, janvier 2017.
       

mardi 18 avril 2017

Article pour Le Petit Journal.




Vous pouvez lire sur l´édition Lisbonne du «Petit Journal» un article que j´ai écrit sur la correspondance entre Albert Camus et André Malraux (éditions Gallimard):

 http://www.lepetitjournal.com/lisbonne/a-voir-a-faire/culture/276848-litterature-correspondance-entre-albert-camus-et-andre-malraux





mardi 28 mars 2017

Chronique d´avril 2017.




 
Kurt Vonnegut, l´homme sans patrie.


  Une des qualités que j´ai toujours su apprécier chez un écrivain, c´est son habileté à démolir les mythes tout en ayant l´air de se moquer de tout le monde et de ne rien prendre au sérieux. Il y a chez ces écrivains un côté déconcertant, comme si soudain on devrait se demander si ce que l´on a à peine lu est une vérité travestie de plaisanterie ou une plaisanterie que l´on prend pour une vérité indiscutable.
  Le 11 avril 2007 disparaissait à New York un écrivain qui était maître dans l´art de disséquer les vérités du monde sous le signe de l´ humour noir, une espèce de Swift revisité par Buster Keaton ou Groucho Marx. Je parle bien évidemment de Kurt Vonnegut, un des écrivains américains les plus originaux et inclassables de la seconde moitié du vingtième siècle. À l´âge de quatre-vingt-quatre ans, s´éteignait, des suites d´une chute survenue chez lui quelques semaines auparavant, celui qui dans le dernier livre publié avant sa mort- aux Etats-Unis en 2005 et en France l´année suivante- se disait «un homme sans patrie».
  Né le 11 novembre 1922 à Indianapolis, Kurt Vonnegut Jr, comme son nom nous le laisse supposer, était issu d´une famille d´ascendance allemande. Il a fait des études à la Shortridge High School d´Indianapolis où il a écrit pour le quotidien scolaire The Shortridge Echo. Il a fréquenté plusieurs Universités jusqu´à son enrôlement dans l´armée en 1943 après l´attaque de Pearl Harbor.  Celui qui a vendu des Saab et vidé des flocons de vodka avec Truman Capote fut également une des idoles de la génération beatnik et un des mentors des pacifistes américains.
  Que ce soit à travers la science-fiction ou des romans de facture plus classique, les livres de Kurt Vonnegut ont toujours fait jaser et bousculé le conformisme traditionnel des milieux politiques américains. Cat´s Cradle(Le berceau du chat), Galapagos ou Bluebeard (Barbe bleue) sont quelques-uns des livres qui ont assis sa réputation, mais son plus grand succès aura été Slaughterhouse-5(Abattoir-5).
Dans ce roman, Kurt Vonnegut crée un double- Billy Pilgrim- dont la vie se confond avec la sienne y compris les moments de la seconde guerre mondiale où, soldat de l´armée américaine, il est fait prisonnier par les Allemands mais, réussissant à s´évader, assiste à Dresde aux bombardements des Alliés. Pourtant, Abattoir-5 va bien au-delà d´une simple histoire puisque Billy Pilgrim a le pouvoir de voyager dans le temps et de mener plusieurs existences à la fois. Il se retrouve, par exemple, dans une bulle de verre sur la planète Trafalmadore avec la belle Montana Patachon  mais en même temps en février 1945 au fond d´un abattoir de Dresde sous les terribles bombardements aériens de la seconde guerre mondiale. Il s´accouple avec Montana sous observation attentive des savants de Trafalmadore mais on le retrouve également dans son magasin d´optique d´une petite ville des États-Unis et encore parmi des prisonniers américains en Allemagne. Le passé et l´avenir s´imbriquaient, mais à Billy Piigrim il lui restait encore à vivre des événements dont il gardait déjà le souvenir.
Ce roman est considéré comme un chef -d´œuvre de la science-fiction. Dans L´ Histoire de la science-fiction moderne de Jacques Sadoul, on peut lire ce qui suit: « Kurt Vonnegut Jr a astucieusement mêlé la science -fiction et ses souvenirs de la seconde guerre mondiale pour écrire un roman très violemment antimilitariste et qui nous fait ressentir physiquement l´inutilité et l´horreur de la guerre».
  Pourtant, jugé anticonformiste, irrévérencieux, voire indécent et obscène, le livre a fait l´objet de force reproches de  la part des milieux plus conservateurs et n´a pas échappé à la censure promue par des autorités locales américaines. Ainsi dès 1972 fut-il sporadiquement frappé d´interdit par des bibliothèques scolaires et exclu de certains curricula littéraires dans les universités. Ce n´est qu´en 1982 que la Cour Suprême américaine s´est définitivement prononcé sur la mise au ban du livre statuant que le fait de retirer le livre des bibliothèques scolaires (surtout s´agissant d´écoles publiques) n´était pas conforme au Premier Amendement de la Constitution. Tout de même, on connaît encore au moins un cas d´interdiction ultérieurement. C´était en 2011 quand une école de l´État du Missouri l´a retiré de sa bibliothèque.    
Publié en 1969, il fut également le livre de chevet des opposants à la guerre du Vietnam.
   Miraculeusement rescapé de l´incendie de son appartement à New York en 1999, Vonnegut s´est abstenu de publier jusqu´en 2005, année où il est réapparu avec une sorte de testament qui a vendu plus de 250.000 exemplaires aux Etats-Unis : A man without a country (Un homme sans patrie).
  Ce livre mêle souvenirs intimes, références littéraires, saillies, imprécations et coups de gueule, le tout sur un ton rigolard et des notes d´humour noir. Les cibles de Kurt Vonnegut sont légion : les marchands de canon, les grandes entreprises, les médias, les institutions religieuses et l´establishment pourri qui officie à Washington. Dans ce cadre, Georges W. Bush est particulièrement  vitupéré, lui qui est coupable d´avidité et de corruption et de mener une guerre sans issue. Mais Vonnegut fait également référence à Georges et à Laura Bush quand, au cinquième chapitre, le sujet n´est autre que celui de la disparition des familles nombreuses. Il y en a encore quelques-unes comme les Kennedys  ou les Navahos et, bien entendu, les Bush, dont l´énorme famille, selon Vonnegut, est constituée par… des juges, des sénateurs, des éditeurs de journaux, des avocats ou des banquiers !
  Vonnegut nous raconte aussi de petites histoires comme celle de l´obstétricien austro-hongrois Ignaz Semmelweis, né en 1818, qui a eu raison avant l´heure. Semmelweis a été voué aux gémonies et a dû finir sa carrière dans un petit hôpital provincial hongrois, tout simplement parce qu´il a osé dire que le taux élevé de décès parmi les femmes en couches découlait du manque d´hygiène de certains médecins qui ne se lavaient pas les mains en passant directement de la morgue- où ils venaient de disséquer des cadavres- à la maternité. Curieusement, à l´époque, c´étaient surtout les femmes pauvres qui accouchaient à l´hôpital.
  Mais rien n´échappe au regard badin de cet écrivain supérieur, même les points -virgules, ces «hermaphrodites travestis qui ne servent qu´à une chose : prouver que vous êtes allé à l´Université» !
  Kurt Vonnegut, désenchanté de  l´évolution de la société américaine, avait peut-être des raisons de se sentir un homme sans patrie et l´Amérique a sans doute perdu le 11 avril 2007 avec sa mort une des voix les plus anticonformistes. Ce sont des voix comme celle de cet écrivain majeur qui ont toujours fait la richesse de la culture américaine, au bout du compte une des raisons de sa suprématie dans le monde.
S´il était encore vivant aujourd´hui, il aurait quatre-vingt quatorze ans. Si sa santé le lui permettait, il se servirait –j´en suis sûr- de son humour et de ses intarissables ressources langagières pour persifler Donald Trump et sa clique.  C´est que les États-Unis sont un pays atypique où le puritanisme le plus bigot et réactionnaire côtoie la modernité -ou la post –modernité- et où un vent de liberté plein de sarcasme et d´imagination y étouffe toujours les voix les plus odieuses et les plus ringardes…